Lire la biographie d’Abraham

(Applaudissements) Merci, au revoir.
Non, je rigole.
Je m’appelle Abraham.
Mon nom de scène est Tismé, métis en verlan.
Vous n’avez pas de noms de scène, vous ? Ce n’est pas grave.
Je vais vous présenter mon petit guide des choses simples qui permettent de stimuler la créativité.
Vous pouvez être artiste même sans nom de scène.
On est tous des artistes, à des niveaux différents.
On a tous besoin de créer ou d’être inspirés, quelle que soit notre occupation.
Moi, je suis rappeur, chanteur, slammeur, auteur, compositeur, beatboxer, metteur en scène, DJ, batteur, ingé son à mes heures, organisateur de soirées et d’événements.
On me dit que ça fait beaucoup, que je me disperse.
Oui, je me disperse, mais je fais en sorte que la dispersion reste positive.
Un projet me donne du recul sur un autre.
J’aime faire plein de choses, c’est comme ça, j’en ai besoin.
J’ai eu besoin assez tôt de bien m’organiser, m’imposer une grande rigueur, trouver comment être efficace dans le processus de création.
(Rires) Ça n’a pas été facile.
Aujourd’hui, je vais vous présenter cinq idées toute simples qui permettent de booster et favoriser la créativité.
C’est des choses que j’ai découvertes et ça pourrait vous servir aussi.
Première idée : le matin.
(Rires) Le matin est le premier secret qui me permet d’être productif, inspiré, créatif.
J’adore me lever avant 7 heures.
Je trouve que se lever tôt, c’est comme observer sa journée du haut d’une montagne.
On peut mieux la préparer et mieux la vivre ensuite.
Quand j’étais petit, ma mère me parlait des idées du matin.
Les premières idées qui viennent dans nos têtes le matin quand on se réveille tôt, il fallait les écouter, faire attention à elles.
Quand je me réveille plus tard et que je n’ai pas ce petit rituel, je me sens perdu, j’ai l’impression de passer à côté de ma journée, d’avoir raté un train qui ne passe qu’une seule fois par jour.
Le matin, j’ai des idées si claires qu’elles deviennent aussitôt foncées.
L’inspiration est une mer et je suis loin d’y avoir pied.
Vous pouvez faire un petit truc très simple ? Juste ça (Claque des doigts) Très joli, pas trop vite.
Ceux qui n’arrivent pas à le faire, faites semblant.
Un peu moins vite, voilà.
il faut que ça groove, que ça swingue un peu.
(Sur un rythme de rap) Il n’est que 6 heures et pourtant toute ma journée se joue maintenant.
Maintes et maintes fois, j’ai tenté de frôler cet état.
mais l’esprit a ses raisons que la raison ne soupçonne pas.
Pris entre l’éveil et le rêve, je crois distinguer mon destin en pointillé semble dessiné, me poussant à tout tester, à ne pas me sous-estimer.
On arrive où on veut quand on s’y met.
Qu’importe si nos genoux s’écorchent sur le ciment, car chaque jour, on se relève plus grand.
Gravissons les marches à notre rythme.
Chacun sa voix, sa toux {??}, ses défaites et ses rythmes.
Mais qui ne cherche pas à décoller ses pieds du sol avec toutes ces corvées qui nous retiennent par le col ? Un fond sonore, un peu d’encre, une poignée d’idées et je décolle.
J’aperçois l’inspiration, la perce et mon flot découle.
Bénies soient ces matinées où mon bic semble patiner.
A ce refrain, mes rimes semblaient destinées.
Le dépôt de ma pensée se fait tel un geste inné.
Bénies soient ces matinées où mon bic semble patiner.
Je donne cette mâtine, matinée, ma fine matinée aura comblé ce nouveau jour né.
Merci.
(Applaudissements) (Imite le bruit du vent) La solitude.
La solitude n’est plus vraiment à la mode aujourd’hui.
Je parle de la belle solitude qui nous permet de nous recentrer, de réfléchir, de savoir où on en est, d’écouter nos pensées intérieures.
Quelles sont nos envies profondes ? J’ai l’impression que ce n’est pas vraiment la priorité.
On n’a plus le temps, soi-disant.
Les smartphones, les réseaux sociaux nous empêchent d’avoir ces moments de belle solitude.
On est seul mais virtuellement avec quelqu’un.
Les séries, les sites internet, la télé nous donnent l’impression d’avoir quelque chose à faire, à regarder.
Il y a ceux qui ont du mal à se retrouver face à eux-mêmes.
C’est compréhensible parce que ce n’est pas facile.
J’ai un petit texte là-dessus aussi mais je ne sais plus ce que ça fait…Excusez-moi.
Seul sans la foule, tu perds pas la boule.
Ils me soûlent trop, ils me foulent trop.
Seul, tu t’écoules, tu t’écoutes, tu te fous de la foutaise et tout teste, et tout reste à ton aise C’est ton destin, pas le leur C’est ton festin, il est l’heure que tu te fasses face que tu te fasses place Quand on croit que les heures passent, se tassent et t’aspirent dans la masse, dociles, faciles, passives, et naïves et hâtives, activons-nous, et rendons-le nous forts avec des jeux forts dont l’âme sort.
C’est l’hameçon, c’est l’âme sœur.
De nouveaux horizons.
pensons-y quelques heures en restant…Seul, je ne fais pas ce qu’on dit, seul, mon âme bondit.
Seul, les marches gravissent, seul, l’inspir’ grandit.
Ma solitude, je brandis seul, je resplendis.
Seul, toi, qu’est-ce que tu en dis ? Ce qui est bien, c’est que seul, on est libre, on fait vraiment ce qu’on veut.
On peut aller dans nos délires, notre folie.
On peut être sincère avec nous-mêmes.
Pour être sincère avec les autres, ça vaut le coup d’être sincère avec nous-mêmes d’abord.
Ô…Le respect de l’idée.
L’inspiration vient en créant.
Je veux dire que ça tient souvent à une décision toute simple, celle de s’y mettre.
Je vous fais une mise en situation, toute simple.
Je viens de me réveiller.
Je n’ai pas de chapeau quand je me réveille.
Je n’ai pas ça non plus, mais c’est pas grave.
Je viens de me réveiller, il est 6 heures.
Je suis seul.
Une idée me vient, une mélodie en fait.
Da, da, di, da…Bon, là, j’ai deux possibilités : soit je m’enregistre, soit je vais manger parce que j’ai très faim.
(Rires) Faut enregistrer ? Mais j’ai très faim.
Je ne sais pas si, du coup…Je sais que si je m’enregistre, ça risque de prendre…(Continue de fredonner) Bon, je vais l’enregistrer, ça y est.
(Fredonne et improvise l’accompagnement sonore) Métro, métro, métro, boulot, dodo.
Même en prenant un cliché par jour, on croirait voir le même sur la photo.
Les mêmes têtes, situations, mêmes têtes sans mutation Mêmes faits, même cette même…(Applaudissements) Merci.
Si j’avais pas fait le choix d’aller enregistrer cette idée, j’aurais pas créé ce morceau.
L’inspiration se travaille, se cultive.
Quand on a une idée, qui nous semble importante, c’est important de l’écrire, de l’enregistrer, de se filmer, de téléphoner à quelqu’un pour la lui dire, de la peindre, de la sculpter.
Sous la douche, un moment qui nous appartient, on est bien, on est tranquille, on se détend, c’est magnifique.
Et là, on a une idée (Rires) et cette idée semble incroyable.
Ce sera sûrement la meilleure de notre semaine.
On se dit, bon, alors…Évidemment, on n’a rien pour écrire dans le coin.
(Rires) Du coup, on se dit, alors, si je reste dans ma douche et j’attends, je risque de la perdre.
Si je sors de la douche pour aller dans ma chambre pour l’écrire, je vais tout tremper partout.
Il faudrait que je sorte, que je me sèche.
Mais quand je me sèche, ça prend du temps.
Peut-être que je vais perdre l’idée.
Si je ne la perds pas et que je l’écris, dois-je revenir dans ma douche ? C’est vraiment très compliqué comme situation.
Ma méthode est de répéter l’idée sans arrêt, même à haute voix, — on s’en fout après tout — et sortir de la salle de bains.
Le souci est que ça m’empêche d’en avoir une autre.
Donc je ne sais pas si c’est la bonne méthode.
Plus on respecte l’inspiration, et nos petites idées, nos grandes idées, plus on est inspiré.
(Imite une porte qui grince) Affronter ses peurs, ses doutes.
Quand on a une idée, que ce soit pour un projet, une proposition à faire, le thème d’un morceau, il arrive souvent qu’on pense à la version où on se rate, où c’est nul, où c’est pourri, où ça plaît à personne.
Pour vous donner un exemple concret, il y a deux semaines, je pense à mon talk ici, je me dis : « Pourquoi est-ce que ça les intéresserait ? Si je bafouille ? Et si j’oublie mon texte ? et si aucune mélodie ne me vient lors de la mise en situation du point 3, le respect de l’idée ? » On est en plein dans le doute, dans la peur de l’inconnu, de l’échec.
Ça peut paraître très basique, et c’est plus facile à dire qu’à faire, mais il faut combattre cette pensée, se voir grand et fort.
On est notre propre limite et cette limite commence ici, dès le départ, dans notre tête.
Qui va croire en notre idée si on n’en est pas convaincu ? Pour se sous-estimer, on est très bon, pour douter on est fort.
C’est tellement confortable de ne pas prendre de risques.
Mais ça fait tellement du bien de prendre des risques, c’est tellement enrichissant.
Pour la mise en situation du point 4, affronter ses peurs, ses doutes, je suis sûr que vous allez être effrayés à l’idée de faire du beatbox.
Faire du beatbox.
Ça va être simple, on va couper la salle en deux.
Vous inquiétez pas, on va pas vraiment le faire, sinon, monsieur, vous êtes mal barré.
Vous choisissez un côté.
Le siège à côté est libre, vous choisissez tranquillement.
Donc on coupe la salle en deux.
De ce côté-là, toute cette partie-là, même en haut, toute cette partie-là, vous allez être les « poum ».
Les « poum ».
Je vous explique, c’est simple.
Vous prenez le « pom » de « pomme de terre », enlevez le o, mettez « ou » à la place et voilà, vous avez « poum », c’est magnifique.
Ce qu’il faut faire, c’est bien l’envoyer, bien dynamiser la chose, d’accord ? N’hésitez pas à postillonner, c’est pas grave, il n’y a pas de problème, le voisin de devant comprendra.
Même s’il est un peu mouillé, ce n’est pas grave, c’est très bien.
N’hésitez pas, faites-vous plaisir.
Donc les « poum » ici.
De ce côté-là, vous allez imiter le bruit d’une flèche qui rentre dans un arbre.
Ce n’est pas facile mais attendez, on va dire que ça fait à peu près « tchac ».
« Tchac », d’accord ? Normalement, c’est plus facile à faire que « poum ».
OK, on récapitule ? Vous êtes les « poum », vous êtes les « tchac ».
Vous êtes les « poum », vous êtes les « tchac ».
Vous êtes les « poum », vous êtes les « tchac ».
{Poum, tchac, poum, tchac…} {Poum, poum, tchac…} {Poum, tchac, poum, poum, tchac, poum, tchac, poum, poum, tchac…} (Applaudissements) Incroyable ! A Clermont, c’est impressionnant, vous savez affronter vos peurs.
Bravo ! Alors…{Fait un bruit avec la bouche} Cinquième point, le dernier : ne pas subir, agir.
Gandhi disait : « Be the change you want to see in the world.» Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde.
Ne pas attendre que l’exemple vienne de quelqu’un d’autre, devenir cet exemple, ne pas attendre d’être rassuré.
Nos défauts, nos différences font ce que nous sommes et il n’y a pas une seule personne sur cette Terre qui n’a pas quelque chose à accomplir.
Ne pas subir, agir.
En France, on aime bien se plaindre.
On aime beaucoup se plaindre.
Mais quand il faut agir…C’est peut-être parce qu’on a peur aussi.
Peut-être qu’on se lève pas assez tôt.
(Rires) On n’a pas le temps d’agir.
En tout cas, c’est sûr, il vaut mieux agir que se plaindre.
J’espère que vous êtes d’accord avec moi.
Moi, j’aime bien me plaindre, dans les chansons.
Il y a une chanson où je me plains, que j’aime bien, je vais vous la faire pour finir.
En plus, elle parle des gens, donc je vous la fais.
(Applaudissements) (Improvise l’accompagnement sonore) Les gens se hâtent, prennent jamais la patte, ont la patience pas si fate que ça.
Les gens se matent mais jamais ne se tâtent pour voir ce qu’il y a en deça.
Les gens restent à la surface bien certains que rien ne les surpasse.
Les gens s’effacent quand ils se font face, trop inquiets qu’on les surclasse.
Les gens, les gens, les gens Les gens, les gens, les gens Leurs jambes à leur cou, les gens ont l’air fou, genre tombés dans le flou.
Les gens se vantent d’être gentils, se voient comme des Gandhi même quand ils sont anti tout.
On en dit tout sur les gens, distants tels des anges.
Quand je pense que les gens, c’est nous.
Vient l’envie de me taire.
Sur les gens mes vers doucement je perds.
On a beau dire, mais les gens valent le coup.
Je parle des gens, tu parles des gens, il parle des gens mais les gens, c’est nous.
Nous parlons des gens, vous parlez des gens, elles parlent des gens mais les gens, c’est nous.
Je, tu, il, vous ne savons pas que les gens, c’est nous, les laissant dire du mal de nous.
Les gens, à propos, des gens geignent.
Il serait temps qu’on daigne faire les pas pour panser nos plaies qui saignent.
(Applaudissements) Merci.
(Applaudissements)

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