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Claire MEYNIAL

Afrique, les migrants oubliés

Claire MEYNIALClaire Meynial est grand reporter Ă  l’hebdomadaire Le Point, en charge de la couverture de l’Afrique. Cette annĂ©e, ses reportages l’ont emmenĂ©e en Somalie avec les troupes ougandaises, au Tchad et au nord du Nigeria avec l’armĂ©e tchadienne combattant Boko Haram, dans les couloirs d’un hĂŽpital infestĂ© par Ebola Ă  Lagos, les bidonvilles de Gambie ou encore le plus grand camp de rĂ©fugiĂ©s du monde, au Kenya. Entre deux reportages, elle se rĂ©fugie Ă  Chamonix, oĂč elle assouvit sa passion pour la montagne. Ses pairs lui ont remis en octobre 2014 un prix Ouest-France Jean-Marin au festival international de Bayeux-Calvados des correspondants de guerre, pour un reportage dans le village de Chibok, au nord du Nigeria, oĂč 276 lycĂ©ennes ont Ă©tĂ© enlevĂ©es par Boko Haram en avril 2014.

UNE IDÉE, UNE CONFÉRENCE, UNE RENCONTRE QUI A CHANGÉ VOTRE VIE ?

Abraham, 7 ans, et BĂ©atrice, 9 mois, dans un bidonville de Monrovia, au Liberia, en septembre 2014. La Croix-Rouge libĂ©rienne en habits de cosmonautes venait d’enlever le corps de leur mĂšre, leur pĂšre avait disparu quand elle avait montrĂ© les premiers symptĂŽmes de la maladie, leur tante ne voulait plus s’en occuper. « Ils vont probablement mourir de faim Â», m’ont dit les Ă©quipes de la Croix-Rouge. Une incarnation bouleversante de la loi du mort au kilomĂštre. Pendant ce temps, Ă  Paris, on continuait Ă  dire qu’Ebola tuait moins que la paludisme, que la presse exagĂ©rait. Aujourd’hui, on dĂ©couvre Ă  peine les consĂ©quences Ă  long terme de cette Ă©pidĂ©mie, qui a tuĂ© 11.000 personnes, ruinĂ© des Ă©conomies, crĂ©Ă© des milliers d’orphelins et pourrait ressurgir Ă  tout instant.

UNE CITATION QUE VOUS AIMEZ PARTICULIÈREMENT ?

“Notre mĂ©tier n’est pas de faire plaisir, non plus que de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie” – Albert Londres –

PRÉSENTEZ-NOUS BRIÈVEMENT VOTRE TED TALK FAVORI?

Melinda Gates : « Let’s put birth control back on the agenda Â»
Melinda Gates prĂ©sente l’importance de la contraception dans les pays en dĂ©veloppement. Elle prend l’exemple du SĂ©nĂ©gal et de l’implant contraceptif, prĂ©fĂ©rĂ© par les femmes parce qu’elles peuvent le cacher Ă  leur mari, qui parfois le leur font extraire s’ils le dĂ©couvrent. Au cours de mes reportages en Afrique, j’ai compris combien la question Ă©tait sensible. Au Niger, d’oĂč je rentre, la moyenne est de 6,7 enfants par femme, et le chiffre idĂ©al pour les couples sondĂ©s est de
 12. Pour beaucoup de familles, les enfants sont la seule assurance retraite, et pour beaucoup d’hommes, ils sont un motif de fiertĂ©. L’éducation des filles et la maĂźtrise de leur fertilitĂ©, condition pour garantir que les enfants aillent Ă  l’école et jouissent d’une vie plus confortable, est pourtant dĂ©cisive pour le dĂ©veloppement du continent.

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